Le mouvement ETHIC (Entreprises à Taille Humaine, Indépendantes et de Croissance) lance un appel aux entrepreneurs de tous bords.
Exprimez-vous ! Allez dans les médias ! Racontez votre quotidien ! Faites part de vos succès ! Témoignez de vos efforts !
Le climat anti-entrepreneurial, anti-nantis, anti-bénéfices, anti-succès est en train de miner le moral de l’opinion publique, des entrepreneurs et donc de porter gravement atteinte au dynamisme économique.
La confusion atteint des proportions inquiétantes. Aujourd’hui un consensus se crée autour de la nécessité de trouver un bouc émissaire à toutes les souffrances. Ce bouc émissaire, c’est le chef d’entreprise – scandales à la une tous les jours – on mélange tout : Madoff, les sub-primes, les déboires du CAC 40, le bouclier fiscal, les parachutes dorés, les licenciements…
La pierre angulaire du dysfonctionnement économique est toute trouvée : le patron : le riche, le
propriétaire bourgeois…
Les hommes politiques courent derrière l’opinion publique en faisant preuve de démagogie. Des ministres se précipitent pour montrer du doigt les bénéfices des entreprises (qui alimentent les caisses de l’Etat et qui ne licencient pas) et les médias exploitent et guettent le moindre dysfonctionnement pour livrer la désinformation sur un mode dramatique.
Certes les trains qui arrivent à l’heure ne font pas vendre les journaux, et la crise est réelle, mais la colère gronde parmi les chefs d’entreprises.
Aussi le mouvement ETHIC demande à l’ensemble des organisations patronales de créer une large
cellule commune de communication de crise, avec de vrais professionnels, capables d’anticiper, de
réagir dans les médias et surtout d’expliquer et de ne pas avoir honte de la vie de leur entreprise avec ses hauts et ses bas.
La situation est telle que plus aucun patron ne souhaite s’exprimer dans les médias, certain d’être taclé, certain que ses propos seront déformés.
Le système français a certes permis d’amortir certains excès de cette crise mais on est en train de désigner de faux coupables avec de faux arguments. Ce n’est plus pour sa fiscalité que les entrepreneurs vont partir de France mais pour fuir un opprobre général.
Les Français commencent à se réjouir de l’émergence d’un parti anticapitaliste ; les Politiques croient
pouvoir s’approprier une part du capital sympathie d’Olivier Besancenot en voulant taxer plutôt les
“riches” (qui ne le sont plus beaucoup), supprimer le bouclier fiscal, revenir sur les contrats signés... bref donner des gages dangereux et inutiles.
Quelle sérénité attend-on de ces décisions ? Alors que le combat d’aujourd’hui est de générer un peu
d’optimisme, de la confiance et de la compassion, aussi pour ceux qui essaient de sauvegarder la
profitabilité de leur entreprise ! Les salariés deviennent schizophrènes : ils aiment leur entreprise, se
battent, et se laissent en même temps gagner par le venin de la jalousie sociale, distillé en permanence.
Nous sommes donc le seul pays à faire la grève contre la crise ! Il serait intéressant de donner le coût
direct et indirect de ce défilé stérile dans les rues.
L’exploitation de la crise à des fins politiques est « pire qu’un crime, c’est une faute ! ».
Aujourd’hui, le bon sens est inaudible, la pédagogie quasi absente, l’optimisme fait figure de trahison
sociale, la critique de l’amplificateur médiatique impossible, et pour cause.
On ne peut plus compter sur la résistance politique puisque c’est la démocratie d’opinion qui l’emporte ; nous sommes dans un cercle vicieux où la dégradation de la confiance dégrade l’économie et décourage tous ses acteurs.
Aujourd’hui les patrons doivent eux aussi mener la guerre de la communication médiatique, même s’ils
doivent expliquer des décisions difficiles. Être patron, c’est être capable de prendre des décisions parfois humainement insupportables.
Sophie de Menthon
Présidente d’ETHIC