Il est impossible de nos jours d’échapper à cette prise de conscience collective qui réclame un retour de la confiance parmi les acteurs de l’économie. De la dernière Standford Knowledge Letter à l’allocution du Président français Nicolas Sarkozy à Genève devant le BIT, en passant par le Financial Time, les Echos et Libération, tout démontre que le constat est mondialement partagé et traverse les barrières idéologiques.
La conjugaison de la crise et des comportements de quelques dirigeants d’entreprises cotées en bourse suscitent de vives réactions de l’opinion publique, et contribuent à jeter le discrédit sur l’ensemble du patronat. Aujourd’hui, les entreprises et leurs dirigeants sont sur le devant de la scène médiatique. Financiers et grands patrons ont été désignés à la vindicte générale, et l’opinion publique se dit que si leur comportement redevenait plus moral, les causes de la crise s’éloigneraient.
L’attitude de certains dirigeants a de fait, une incidence directe sur la « réputation » de leur entreprise, et sur l’adhésion du corps social à l’économie de marché donc sur le contrat social qui lie tous les Français. Chaque dirigeant des entreprises concernées, dans sa gestion quotidienne, fait fructifier et dans certains cas détruit, cet actif immatériel qu’est la réputation.
Cyniquement, l’éthique est aussi un « plus » pour l’entreprise. C’est dans la gouvernance de l’entreprise que la réputation prend ses racines (et ce même si une bonne réputation n’implique pas nécessairement une bonne gouvernance). Cyniquement toujours, il est clair qu’en matière de bonne conduite et de réputation plus que dans tout autre domaine, il ne suffit pas de bien faire : il faut faire savoir, notamment pour fournir des repères aux marchés financiers. Comme tout capital, la réputation doit être gérée. Dans cette optique, il est fondamental de tenir compte de l’impact social et économique de certains comportements. Il s’agit donc de tenter d’harmoniser les « comportements salariaux » avec les nouvelles exigences de l’opinion publique. Ceci n’est pas simplement liée à la crise mais à une nouvelle volonté d’assainissement du seul système créateur de valeurs : l’économie de marché...