Municipales : Les propositions de David Belliard pour les entreprises

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David Belliard – candidat EELV (Europe Ecologie Les Verts)

Q1 : Paris semble être destinée à être une ville végétale, si on écoute les propositions des candidats. Aucune proposition n’est faite pour la vie économique de la capitale (mobilité, livraison, sécurité…) Que proposez-vous ?

Je souhaite développer le recours au télétravail et aux tiers lieux. Il faut également agir sur la modulation des heures de pointe  pour limiter les difficultés de transport, diminuer la fatigue et le stress et ainsi l’absentéisme.

Pour les salarié.e.s non sédentaires, je pense qu’il faut aller plus vite et plus fort sur « l’étalement des heures de pointe » pour limiter la charge dans le métro et le RER, notamment vers La Défense ou encore sur la ligne 13.

Je suis convaincu qu’en décalant nos déplacements de 15/20 minutes par exemple, nous pourrions améliorer nettement le confort dans les transports et d’engager une désaturation. Cette mesure ne peut pas s’imaginer et se construire sans les entreprises, nous travaillerons donc ensemble pour la mettre en œuvre à l’instar de ce qui a été initié à la Défense ou sur Plaine Commune.

Nous devons offrir aux artisans la possibilité de travailler correctement : un partage de l’espace et du temps et une meilleure sécurisation pour les livraisons et les interventions mais aussi une incitation forte des constructeurs à développer une gamme d’utilitaires électriques.

Pour les livraisons il faut imaginer des approvisionnements moins lointains avec des hub d’approvisionnement intra-muros et en petite couronne qui doivent être partagés. On doit sortir de l’idée que chaque commerce a son propre circuit et prestataire de livraison.

Il faut améliorer les processus de décisions en intégrant l’ensemble des parties prenantes. La proposition de la CPME d’un CESE parisien, celle du MEDEF d’un conseil des entreprises, celle du GNI-CHR d’une « commission de débits de boissons » vont dans ce sens, même si parfois contradictoires. La concertation est dans l’ADN des écologistes. Maire de Paris, je serai aux cotés des entrepreneurs pour engager Paris dans une réelle transition écologique. Rien de se fera sans l’implication de tous, et donc des entreprises.

Q2 : Les verts sont-ils antiéconomiques ? 

Non, la priorité n’est pas de diminuer l’accès des voitures dans Paris. En ce sens, nous ne sommes pas favorables à la proposition de la CPME d’instaurer un péage urbain aux portes de Paris.

Il nous faut répondre aux trois priorités que les parisiens ont raison d’identifier : la pollution, la sécurité et la propreté.

La question de la voiture est liée à la question de la pollution. A peine un tiers des parisiens possède une voiture. Les trajets en voiture dans Paris diminuent de 5% par an depuis plusieurs années. Pourtant la voiture particulière occupe une place totalement disproportionnée en pourcentage de l’espace publique. Et les émissions de CO2 et de particules sont telles que les seuils de pollution dans les établissements scolaires sont réellement dangereux pour nos enfants. L’asthme, les bronchites, les bronchiolites sont en progression régulière et vertigineuse. La faute à « pas de chance » ? Non, la faute à la pollution.

La solution réside-t-elle dans des cataplasmes ? Est-il raisonnable de se contenter d’installer des VMC dans les écoles ? Voulons-nous vraiment vivre dans une ville où on nous dit, des jours de plus en plus nombreux, de ne pas faire notre running, de ne pas faire d’efforts physiques, de ne pas sortir (pour les bébés et les personnes âgées) ? Nous, nous voulons diminuer la cause, diminuer résolument la pollution dans Paris. Pour cela, il faut diminuer la place de la voiture individuelle.

Il y a des comportements individuels à changer. Pour cela, des encouragements sont nécessaires pour favoriser l’usage des transports en commun (nous proposons la gratuité jusque 26 ans), pour favoriser l’usage des vélos (nous proposons tout un dispositif en ce sens). Il faut faire pression en rendant contraignant l’usage individuel de la voiture quand ‘autres solutions sont possibles.

En même temps, la plupart des gens qui sont dans les embouteillages matin et soir sur l’A 86 et le périphérique sont le plus souvent des « victimes » plutôt que des « coupables ». Il est impératif d’inventer un véritable choc de l’offre en matière d’offre de transports en commun qui, à l’initiative de Paris, associe les communes périphériques, la métropole et la Région ainsi que les acteurs des transports publics (RATP, STIF…). C’est aux acteurs publics qu’il appartient de proposer une alternative à la voiture individuelle.

Diminuer l’usage de la voiture individuelle dans Paris, c’est aussi donner mécaniquement plus de place et ainsi faciliter la vie des artisans, des livreurs, des taxis et VTC en leur donnant plus de fluidité. Il faut organiser un partage du temps et de l’espace qui délimite et sécurise notamment les livraisons dans des zones et des tranches horaires particulières.

Q 3 : Êtes-vous d’accord avec cette affirmation : la transition écologique ne se fera que grâce à l’innovation des entreprises et à la « rentabilité » des initiatives en ce sens ? 

Je suis assez gêné par cette formulation, car aujourd’hui cette course permanente à l’attractivité et la concentration dans laquelle nous sommes embarqués génère beaucoup trop de frustrations et d’inégalités. « Paris et le désert français » est une idée d’arrière-garde. Ni les USA, ni l’Allemagne, ni l’Italie, ni l’Espagne, ni le Royaume Uni ne sont construits sur ce modèle de capitale économique.

Il faut équilibrer les ressources et les équipements Nous avons besoin d’une capitale qui réfléchisse mieux à la globalisation pour ne plus la subir, mais aussi pour répartir de manière plus équitable les fruits de l’épanouissement de notre économie. De ce point de vue, l’attractivité du pays doit se matérialiser par des investissements et des infrastructures mieux répartis sur le territoire et dans la Région. 

La vision d’un Paris moitié Disneyland pour les touristes et moitié « City » pour les multinationales nous a conduits à la spéculation foncière et immobilière dans laquelle nous sommes aujourd’hui enfermés. De la même manière, cette globalisation précarise une bonne partie du monde de l’entreprise qui ne peut même plus payer son loyer à Paris pour développer son activité. Etre « business friendly », pour moi c’est avant tout être « small business friendly » pour une activité économique locale qui vivifie les quartiers. Je veux une économie responsable, résiliente, solidaire.